Revue de presse économique de mars 2015 avec P. Jovanovic et E. Chouard

Analyse des principales actualités économiques et politiques. Face à la montée du chômage et à la poursuite de la crise économique, Etienne Chouard affirme qu’il faut remonter à la cause de nos problèmes en écrivant nous-même notre constitution politique.

Il évoque, outre l’impérieuse nécessité primordiale et absolue de nous atteler à réécrire la constitution, des problématiques comme le danger imminent, pour les peuples européens, de voir une armée européenne se mettre en place.

Est aussi exposée la lente et inexorable privation de notre libre usage de nos économies bancaires, avec de plus en plus de témoignages alarmants de citoyens qui exposent l’inquisition des banquiers pour savoir qu’est ce que vous comptez faire de votre argent après retrait, ou ces délais de 3 jour pour réaliser un virement, où vous devez communiquer le nom du destinataire, le temps que la banque enquête …


Les deux ouvrages cités en fin d’émission :

imposture-economique-steeve-keenL’imposture économique est la traduction du livre «coup de poing» de l’économiste australien Steve Keen paru sous le titre Debunking Economies.
Figure de proue du New Economic Thinking («une nouvelle manière de penser l’économie»), Steve Keen développe dans son ouvrage une critique systématique de la pensée économique néoclassique dominante. Loin de se contenter d’en dénoncer l’irréalisme ou les biais idéologiques, il dévoile de l’intérieur les graves incohérences des fondements logiques de l’économie orthodoxe, montrant que celle-ci ne parvient à se perpétuer que parce que les étudiants en économie sont maintenus dans l’ignorance des lacunes de leur discipline.
Cet ouvrage, «fondateur» pour l’économiste Gaël Giraud (qui a assuré la direction scientifique de la traduction et en signe la préface), démonte une à une les grandes pièces de l’édifice dogmatique : aucune des théories qui composent le «dur» de l’économie universitaire depuis la fin du XIXe siècle ne résiste à l’analyse, depuis la microéconomie du consommateur jusqu’à la théorie néokeynésienne de la déflation, en passant par l’efficience des marchés financiers et la théorie du capital. Et, sur les ruines de l’orthodoxie défaite, Steve Keen jette les bases solides d’une «autre économie», suggérant d’autres manières, beaucoup plus cohérentes et scientifiques, de penser l’économie.
Le livre a suscité de nombreux débats lors de sa publication en anglais : il répond aux questions que chacun se pose sur la pertinence des arguments économiques exposés depuis la crise des subprimes, et invite à engager une réforme profonde de l’enseignement et de la recherche en économie dans le monde.

Steve Keen est australien. Professeur d’économie et de finance, spécialiste de la modélisation macroéconomique monétaire, il est directeur du département Économie, Histoire et Politique de l’université de Kingston à Londres. Son rôle de premier plan et son travail de pionnier lui ont valu le Révère Award for Economics de la Real-World Economics Review et d’être reconnu par ses pairs comme l’économiste «qui a, le premier et le plus clairement, prévu et donné l’alerte sur l’effondrement de la finance mondiale. Son travail est le plus à même d’empêcher à l’avenir une autre crise financière mondiale». Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS, directeur de la chaire «Énergie et Prospérité», est membre du Centre d’économie de la Sorbonne et du Laboratoire d’excellence REFI (Régulation financière). Il est l’auteur de Illusion financière (Éditions de l’Atelier, 3e éd., 2014).

Extrait

Prédire «l’imprévisible»

L’une des motivations majeures qui m’ont poussé à écrire la première édition de ce livre, en 2000, était le sentiment qu’une crise économique sérieuse était imminente, et qu’elle ouvrirait une période propice pour expliquer aux non universitaires que la théorie économique, en plus d’être intrinsèquement erronée, avait contribué à provoquer la calamité que j’attendais. A l’époque, je pensais que l’explosion de la bulle Internet marquerait le point de départ de la crise – même si je demeurais prudent en mettant en avant, comme m’y avaient amené mes travaux sur les modèles d’instabilité financière à la Minsky, la capacité des dépenses publiques à retarder l’émergence d’une crise de la dette dans une économie de crédit.
Les propos tenus sur la possibilité d’une crise ont été supprimés de la présente édition, puisque la crise s’est effectivement produite – après que la bulle des subprimes, qui sommeillait à l’arrière-plan de la bulle Internet, ait effectivement explosé. Cependant, ces propos précédant la crise demeurent importants car ils indiquent que, malgré les oeillères que la théorie économique néoclassique maintient devant les yeux des économistes, la crise désormais connue comme la Grande Récession ne constituait pas un improbable «cygne noir», mais relevait presque d’une évidence – la seule question était alors de savoir, non pas si celle-ci se produirait, mais plutôt quand cela adviendrait.
Ce bref chapitre propose quelques extraits de la première édition sur la probabilité d’une crise en 2000 et début 2001, preuve de la supériorité de l’économie non néoclassique – et, en particulier, de «l’hypothèse d’instabilité financière» de Minsky. J’espère que ces observations antérieures à la crise vous persuaderont que l’idée selon laquelle «personne n’aurait pu la voir venir» est une pure illusion. Plutôt qu’un «cygne noir», la Grande Récession était un «cygne blanc» rendu invisible aux yeux des néoclassiques par une théorie, la leur, qui ignore tout des facteurs qui ont causé cette crise : les dettes, le déséquilibre et le temps.

L’effet déstabilisant de l’économie néoclassique

«La croyance dans la stabilité de l’économie capitaliste pourrait coûter cher, dans le futur, aux habitants des pays à économie de marché. Tout comme durant la Grande Dépression, les économistes d’aujourd’hui constituent peut-être la principale force d’opposition à l’introduction de mesures permettant de contrer un déclin économique futur. La discipline économique pourrait rendre notre récession plus profonde, plus longue et plus difficile à traiter, alors même que le public est autorisé à attendre de la discipline qu’elle lui fournisse une solution.
Heureusement pour les économistes, les indicateurs macroéconomiques – du moins aux Etats-Unis – semblent plutôt bons à la fin de l’année 2000. Il est alors possible pour eux de croire, et de prêcher, tout et n ‘importe quoi, en savourant totalement l’heureuse coïncidence d’une économie en apparence saine.
Cependant, ce succès accidentel pourrait ne pas faire long feu si les forces grandissantes qui font pression sur la sphère financière la conduisent à l’éruption.»

La possibilité d’une déflation par la dette aux Etats-Unis

«Si une crise advient suite à l’explosion de la bulle Internet, alors elle pourrait se dérouler dans un contexte de faible inflation (à moins que les pressions sur le prix du pétrole ne conduisent à une spirale inflationniste). Les entreprises sont susceptibles de réagir à cette crise par une baisse de leurs marges afin de vendre leurs stocks, ou bien en s’accrochant à leurs parts de marché aux dépens de leurs concurrents. Ce comportement pourrait rapidement transformer une faible inflation en déflation.
Il est alors possible que les Etats-Unis se retrouvent une nouvelle fois affectés par une déflation par la dette – même si la sévérité de cette déflation pourrait être atténuée par l’inévitable hausse des dépenses publiques que provoquerait la crise. Les Etats-Unis rejoindraient alors le japon dans la liste des économies « éclopées »- embourbées dans une récession causée par la dette, avec des prix stagnant ou diminuant et, de toute évidence, un fardeau de dettes privées trop lourd pour être supporté.»

Revue de presse

Il y aura certainement un avant et un après dans le débat public, quand l’ouvrage du chercheur australien Steeve Keen L’Imposture économique sera paru. Disponible en librairie le 9 octobre, la traduction de la dernière édition de son Debunking Economics (Zed Books, 2011) remet complètement à plat les théories communément admises : l’école néoclassique – qui domine actuellement avec son dérivé néokeynésien -, mais aussi classique – qui lui préexistait, ou encore marxiste…
Steve Keen montre que la plupart des modèles ont été incapables – ou ont refusé – de penser le rôle du crédit et de la monnaie. Il manque donc un acteur de taille – les banquiers – aux côtés des producteurs et consommateurs. Des raisonnements lacunaires, invalidés par les faits, ont pourtant justifié les politiques néoclassiques mises en place depuis les années 1980…
Sa lecture est d’autant plus utile que Steeve Keen fait partie de la douzaine d’économistes académiques renommés qui ont mis en garde depuis longtemps contre le retour d’une grande récession – une déflation provoquée par l’excès de dette privée devenue insoutenable – telle que nous la vivons aujourd’hui. (Adrien de Tricornot – Le Monde du 11 septembre 2014)
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