« Les banques, je les ferrrme, les banquiers, je les enferrrme ! »

degradons-les-haut-et-courtSamedi, je dinais avec quelques amis et, en face de moi était une brave dame qui était cadre dans une agence bancaire. Moi qui aime les banquiers surtout morts et qui estime qu’il n’y aura jamais assez de platanes pour tous les pendre, je me suis lancé dans une de mes diatribes préférées du genre « Voler une banque n’est pas un délit, simplement de la récupération car il s’agit de voler des voleurs ! » « Les banques ne servent qu’à faire les poches des pauvres pour goinfrer les riches et les banquiers sont des nuisibles ». J’appelais même de belles citations du genre « Les banques, je les ferrrme, les banquiers, je les enferrrme ! » comme disait Vincent Auriol ; « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une armée debout. Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation. » Thomas Jefferson (troisième président des Etats-Unis) ; « Il est bon que le peuple ne comprenne pas notre système bancaire et monétaire, car si c’était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. » (Henry Ford); « Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois. » Mayer Amshel Rothschild (1743-1812) ; etc.

Cette brave dame en était à se poser des questions sur mon intégrité intellectuelle ou…à se demander si elle participait à son petit niveau à une gigantesque arnaque. J’ai donc essayé de lui expliquer pourquoi et surtout comment les banques étaient des institutions nuisibles et les banquiers des faux-monnayeurs.

Les banques, d’abord chez les riches marchands vénitiens, eurent comme fonction première de garder la monnaie (métallique) et de faciliter les paiements en évitant de coûteux et hasardeux transferts de monnaie d’or ou d’argent d’un lieu à un autre. Les banques étaient rémunérées par les déposants.

Les banquiers ont constaté que les déposants ne retiraient qu’un dixième de leur monnaie (métallique) pour leur usage courant, laissant dans les coffres de la banque les neuf dixièmes de leur avoir. Les banquiers, sans le leur dire bien sûr, se sont permis de prêter les neuf autres dixièmes dont ils n’étaient pas les propriétaires, se rémunérant sur les intérêts des remboursements. Or, lorsque vous prêtez de la monnaie à un proche, vous ne pouvez pas l’utiliser pour des achats, c’est-à-dire la dépenser. Mais alors que les déposants des banques peuvent utiliser toute leur monnaie déposée, les emprunteurs peuvent aussi le faire: la quantité monétaire disponible pour des achats est donc multipliée par 1,9, situation qui dure tant que les banques renouvellent ces prêts. Ainsi les banques sont devenues des faux-monnayeurs. Ce qu’on appelle maintenant de la « création monétaire ». Les intérêts enrichissaient tant les banquiers qu’afin d’attirer le maximum de dépôts, ceux-ci ont moins exigé de rémunération pour les dépôts ou ont même versé des intérêts aux déposants.  Dans une troisième étape (au dix-septième siècle aux Pays-Bas puis en Angleterre), les banques se sont permis de prêter plus de monnaie que la quantité déposée chez elles, ce qu’ignoraient les déposants et la population en général. À la seconde moitié du dix-neuvième siècle, ce système, dissimulé car considéré comme coupable auparavant, devint public et autorisé, et s’étendit. Il a atteint aujourd’hui des aberrations himalayennes, l’économie réelle puis les Etats étant entièrement dans la main des financiers. Les banquiers ont pour cela inventé le multiplicateur de crédit : c’est un procédé qui permet aux banques de prêter plus d’argent qu’elles n’en détiennent en réserve. Ce taux est actuellement autour de 1 à 9, c’est-à-dire que les banques « prêtent » neuf fois ce qu’elles ont en réserve. Pour cela, si nécessaire, elles se « recapitalisent » auprès d’un organisme central, avant auprès de la Banque de France, maintenant auprès de la Banque Centrale Européenne. Elles se recapitalisent à taux quasi nul (0,5 à 1%) et prêtent ce même pognon à 3 ; 4 ; 6% et plus tant aux particuliers qu’aux Etats !

Le découplage de la monnaie et d’un matériau de valeur intrinsèque, précieux, rare, coûteux à obtenir (or, argent, coquillage, etc.) a pour avantage de ne pas rendre la quantité monétaire dépendante de la quantité extraite ou produite de ce matériau, mais dépendante de l’activité d’endettement.

Le problème est que, si la création de la monnaie fiduciaire (billets et pièces), est monopolisée par les Etats, ce qui fait croire aux citoyens que c’est l’Etat qui crée la monnaie, la création de la monnaie scripturale (c’est-à-dire dix-neuf vingtièmes de la monnaie) a été monopolisée par les banques privées par le crédit rémunéré dont les clients, y compris les Etats, doivent rembourser le capital plus les intérêts

Par des lois qui dont le sens a échappé aux peuples, les Etats ont privatisé la création monétaire, si bien que les peuples soi-disant souverains et leurs Etats sont obligés d’acheter leur monnaie aux banques privées. !

En France, cette « répression monétaire » a débuté en 1973 par la refonte des statuts de la Banque de France visant à interdire à cette institution la possibilité d’effectuer des avances au Trésor public (loi n°73-7 du 3 janvier 1973).

Ainsi, Le 3 janvier 1973 (juste après les fêtes de fin d’année, donc), le président de la République française Georges Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild (auparavant choisi par le président Charles de Gaulle comme Premier Ministre afin d’assurer l’indépendance financière de la France face aux Etats-Unis), avec pour Ministre des Finances Valéry Giscard d’Estaing (dont le petit cousin Nicolas Giscard d’Estaing deviendra aussi directeur de la banque La Compagnie Financière Edmond de Rothschild), fait voter une loi qui interdit à l’État le recours à l’émission des bons du trésor, c’est-à-dire de faire des emprunts d’Etat exempts d’intérêt, par l’abscons article 25 : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. » La Banque de France abandonne sa fonction de service public de créateur monétaire, car jusqu’en 1973, l’Etat français, par le Trésor public, « empruntait » (en fait faisait créer une monnaie gratuite) à la Banque de France, deux services publics. L’application de cette loi contribuera au début et à l’accroissement de l’endettement de l’Etat français à partir de 1974 jusqu’au gouffre abyssal actuel.

Ces disposition seront reprises dans le traité européen de Maastricht, en 1992, par l’article 104, § 1, « interdit en effet à la BCE (Banque Centrale Européenne) et aux banques centrales des États membres, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

Par ces traités manipulés par la finance internationale, les Etats sont donc dans la mains de la pieuvre financière. Ainsi, les « marchés » ont obtenu ce qu’ils voulaient : l’assurance que les Etats paieront quoiqu’il arrive, même s’ils doivent pour cela tailler dans les services publics, les prestations sociales et les retraites…

Bon. Après ça, j’ai tout de même trinqué avec la brave dame, cadre de banque tout de même un peu ébranlée dans ses confortables convictions !

 

Sources : 

 

Primidi 1er Brumaire 221

Illustration: merci à Soulcié

Source corrigée : http://blogs.mediapart.fr/blog/victorayoli/221012/les-banques-je-les-ferrrment-les-banquiers-je-les-enferrrment

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