La Grèce ferme provisoirement ses banques

  • Le gouvernement Tsipras a annoncé vendredi soir son intention d’organiser un référendum, le 5 juillet, sur le plan d’aide à la Grèce.
  • Cette annonce a déclenché la rupture lors de l’Eurogroupe de samedi de ses négociations avec ses créanciers.
  • Alexis Tsipras a annoncé dimanche soir la fermeture des banques et l’instauration d’un contrôle des capitaux pour enrayer la fuite des dépôts.
  • Plus de 80 milliards d’euros ont quitté la Grèce depuis 2010.

(Source)


tsiprasLe Premier ministre grec Alexis Tsipras a tiré les conséquences dimanche soir de l’émoi provoqué par son annonce de référendum, en annonçant, sans surprise après un week-end de grande inquiétude en Grèce, un contrôle des capitaux et une fermeture provisoire des banques.

Il n’a pas précisé la durée de ces mesures radicales, mais les médias grecs tablaient sur leur maintien au moins jusqu’au référendum du 5 juillet. La Bourse d’Athènes devait aussi rester fermée, au moins lundi, selon une source proche du dossier.

M. Tsipras est apparu vers 20h00 à la télévision pour expliquer que le refus de l’Eurogroupe (les ministres des Finances de la zone euro), samedi, de prolonger le programme d’assistance à son pays au-delà du 30 juin « a conduit la BCE à ne pas augmenter la liquidité des banques grecques et a contraint la Banque de Grèce à activer les mesures de fermeture provisoire des banques et de limitation des retraits bancaires ».


Le Premier ministre, omettant de citer parmi les causes de cet émoi sa soudaine annonce, dans la nuit de vendredi à samedi, d’un référendum a assuré d’un ton ferme que « les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis », tout comme le versement des salaires et des retraites, et il a invité la population au sang-froid.

Alexis Tsipras a également dit avoir reformulé dimanche auprès de l’UE et de la BCE la demande de la Grèce d’une prolongation du programme d’aide dont elle bénéficie. Cette fois, la requête a été adressée au « président du Conseil européen et aux 18 dirigeants des Etats membres de la zone euro, ainsi qu’aux présidents de la BCE, de la Commission et du Parlement européen.

« J’attends leur réponse immédiate à cette requête démocratique de base », a-t-il ajouté dans son allocution télévisée. « Ce sont les seuls qui peuvent le plus rapidement possible, et même ce soir, renverser la décision de l’Eurogroupe et donner la possibilité à la BCE de rétablir le flux des liquidités des banques », a-t-il déclaré.

Signaux positifs des créanciers
La mise en place d’un contrôle des capitaux avait été redoutée tout le week-end, et les distributeurs de billets grecs ont été mis à sec. « J’ai essayé plusieurs machines, cinq, six, huit, dix… », a dit à l’AFP Voula, excédée. « Je suis inquiète, triste et en colère contre le gouvernement. Je le déteste! ».

Hors de Grèce également, la préoccupation du ‘cash’ se faisait plus pressante. Plusieurs pays, dont la Belgique, ont encouragé leurs ressortissants qui se rendent en Grèce pour les vacances à partir avec beaucoup d’argent liquide.

Cependant, les créanciers ont envoyé dimanche des signaux positifs.

D’abord, la Banque centrale européenne, qui a donné un répit à la Grèce en maintenant intact le plafond de fourniture de liquidités d’urgence aux banques grecques, alors qu’on craignait qu’elle leur coupe les vivres.

Le Commissaire européen Pierre Moscovici a aussi répété sur Twitter le mantra de la Commission : « la porte est toujours ouverte » pour négocier. Son patron Jean-Claude Juncker a, quant à lui, tweeté le texte de la proposition des créanciers « pour l’information du peuple grec », laissant entendre en creux que, si les électeurs approuvent ces propositions, il sera encore temps de s’entendre.

M. Juncker doit donner une conférence de presse lundi à 12h45.

Le Premier ministre français Manuel Valls a exhorté les Grecs à « revenir à la table des négociations » et appelé à « tout faire » pour que la Grèce reste dans l’euro.

Quant au FMI, il a fait savoir qu’il restait prêt à « apporter son aide ».

Mais les marchés financiers, souvent prompts à des réactions très volatiles, risquent de mal prendre ces nouveaux rebondissements et la journée de lundi pourrait être mouvementée.

« Si vous me demandez si (les marchés) sont prêts à ce qui est en train de se passer en Grèce, je vous réponds que non : ils ne prévoient, dans leurs évaluations, aucun risque », a déclaré dans un entretien avec La Stampa publié dimanche l’économiste de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) Catherine Mann.

Les retraits seraient limités à 60 euros par personne
L’annonce du contrôle des capitaux n’a pas assommé les Grecs, qui s’y attendaient. Yiannis Grivas, enseignant, qui avait pris la précaution de retirer son salaire de 940 euros vendredi « n’avait pas peur d’un contrôle des capitaux », car « il ne retire jamais plus de 50 euros par jour… ».

Les mesures précises que va prendre la Grèce devaient être rendues publiques dans la nuit. Selon les premières rumeurs, les retraits seraient limités à 60 euros par personne.

Source : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2378823/2015/06/28/Fermeture-temporaire-des-banques-grecques.dhtml?hash=5615acd5-7273-460b-8f86-6fdc5ff609c1


« Le référendum, c’est interdit dans la zone euro »

S’il y a une annonce politique à retenir dans le brouhaha qui entoure la tragédie grecque en représentation sous les yeux des citoyens, c’est celle-ci : dans la zone euro, le référendum, est une pratique « in-ter-dite ». La sentence est tombée samedi de la bouche de Jeroen Dijsselbloem, social-démocrate néerlandais et président de l’Eurogroupe (la réunion des ministres des finances des pays participant à l’euro).

L’annonce par Alexis Tsipras d’une consultation populaire sur le plan de « sauvetage » de la Grèce, a-t-il proclamé, « met fin à a poursuite des négociations ». En conséquence de quoi la date butoir du 30 juin ne sera pas repoussée au-delà du 5 juillet, les banques grecques ne devraient donc plus recevoir d’aide de la BCE pour faire face aux retraits d’argent à leurs guichets, etc.

Mais très symboliquement la Grèce a déjà été exclue de la zone euro, puisque l’Eurogroupe s’est réuni ensuite en l’absence du ministre hellène, Yannis Varoufakis, pour évoquer « les suites » de la décision de la Grèce. On a donc assisté à cet événement tout à fait « inédit » dans l’Union européenne : dix-huit ministres de pays démocratiques ont donc discuté de mesures concernant le dix-neuvième, mis à la porte… On notera que Michel Sapin, quoique partisan de ne pas placer la Grèce au ban de la zone euro, est resté dans la salle et qu’il a approuvé le communiqué final.

Le référendum est donc le maudit de l’euro. Quoi d’étonnant : l’oligarchie européenne supporte très mal que les peuples donnent leur avis sur les questions de souveraineté. C’est ainsi qu’on fit revoter deux fois les Irlandais, en 2001 (traité de Nice) et en 2008 et en 2009 (traité de Lisbonne), et qu’en France en 2008, on convoqua en congrès le Parlement français pour que les représentants du peuple approuvent (traité de Lisbonne) ce que le même peuple avait nettement refusé en 2005, lors du vote sur le traité constitutionnel européen…

En 2011, le Premier ministre social-démocrate grec George Papandreou, placé dans une position assez similaire à celle de Alexis Tsipras aujourd’hui, avait aussi voulu vérifier par un vote qu’il avait bien l’assentiment de ces concitoyens. Il fut débarqué par un quasi coup d’Etat fomenté par la BCE, Berlin et Paris, qui obtinrent des députés grecs la nomination d’un homme lige, ex-vice président de la BCE, Loukas Papademos.

Résumons l’incroyable glissement institutionnel :
– Dans les années 2005, lorsqu’un peuple disait « non » par référendum, on le faisait soit revoter, ou on le faisait représenter par des élus censément plus « responsables ».
– En 2011, à l’annonce d’un référendum, on débarque le gouvernement du pays.
– En 2015, à l’annonce d’un référendum, on exclut le pays tout entier !

Quelle sera la prochaine étape ?

Source : http://www.marianne.net

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Une réflexion sur “La Grèce ferme provisoirement ses banques

  1. « Rassemblement contre le « coup d’Etat financier » en Grèce »

    Un appel à un rassemblement contre le coup d’Etat financier des créanciers UE, BCE, FMI contre la Grèce circule sur les réseaux sociaux. Le rendez-vous est fixé à Paris, place de la République, dimanche 28 juin à 17h.

    D’autres rassemblements sont, semble-t-il, envisagés en régions. Nous vous invitons à les faire connaître via les commentaires ci-dessous.

    (http://www.politis.fr/Rassemblement-contre-le-coup-d,31722.html)

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