Les liens de Mario Draghi avec le Groupe des Trente sous l’œil du médiateur européen

Une ONG, qui tente pour la seconde fois depuis 2012 de mettre en évidence un conflit d’intérêt entre la BCE et un lobby bancaire, a obtenu l’ouverture d’une enquête.

Après la plainte déposée par une ONG bruxelloise, le médiateur européen a ouvert une enquête à propos de la participation du président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, à un think tank international baptisé le « Groupe des Trente ». La proximité entre la BCE et cet aéropage qui regroupe des ministres des Finances, universitaires et représentants du secteur privé, y compris des banquiers, ainsi que des gouverneurs de banques centrales actuels et anciens, dont l’ex-président de la BCE Jean-Claude Trichet, va se trouver au coeur de l’enquête. Le médiateur, ou « Ombudsman », va également se pencher sur l’implication de dirigeants haut placés de la BCE dans le travail du think tank.

Ayant mené sa propre enquête, la plaignante, l’ONG « Corporate Europe Observatory » (CEO), qui traque les conflits d’intérêt entre les milieux privés et les institutions européennes, a conclu qu’il existe un grand manque de distance critique entre les organes de décision de la BCE et les banquiers présents dans le Groupe des Trente. Selon son CEO, le Groupe des Trente est un organe qui fait la promotion des intérêts du secteur financier privé et donne l’opportunité aux banquiers de faire du lobbying auprès des représentants du secteur public, tels que le Président de la BCE.

La BCE réagit

draghiL’ONG avait déjà déposé en 2012 une première plainte similaire devant le Médiateur, qui l’avait rejetée un an plus tard, car il n’était pas prouvé selon lui que « l’indépendance, la réputation et l’intégrité de la Banque Centrale Européenne (BCE) » soient ébranlées du fait de l’appartenance de son Président au Groupe des Trente . La même ONG s’est lancée dans une nouvelle tentative en considérant que le contexte a changé. En effet, la BCE a eu entre temps un nouveau rôle, avec la création du superviseur unique des grandes banques de la zone euro (dont plusieurs siègent aussi au club des Trente).

La BCE a réagi dans un communiqué où elle se dit prête à fournir à l’ »ombudsman » des informations pour mener son enquête. L’institution francfortoise considère par ailleurs que le Groupe des Trente est « un forum pertinent auquel nous devons nous attacher, en nous rappelant toujours que nous disposons d’une gamme de règles et d’instruments pour éviter les conflits d’intérêts apparents ou potentiels ».

Avis très souvent suivi

Le Médiateur va mettre quelques mois avant de rendre un avis qui n’a pas de pouvoir contraignant. Toutefois, ses opinions sont suivies dans près de 90% des cas, indique une porte-parole à Bruxelles. Le même organe avait examiné la BCE en 2015 après un loupé dans sa communication impliquant son membre du directoire, Benoit Coeuré. Ce dernier avait tenu un discours sur des sujets sensibles de marché devant un parterre de financiers à Londres, mais le texte n’avait été relayé que le lendemain matin sur le site de l’institution. Celle-ci a ensuite fait savoir que les membres du directoire de la banque ne pourront désormais s’exprimer sur des sujets pouvant avoir une influence sur les marchés financiers que si leur intervention est publiée sur le site Internet ou que si l’événement est retransmis en direct.

 

Source : http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211714209168-les-liens-de-mario-draghi-avec-un-think-tank-sous-loeil-du-mediateur-europeen-2058897.php

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